SOB

« le bruissement implique une communauté de corps »
« le bruissement, c’est le bruit même de la jouissance plurielle »
« la langue comme immense tissu sonore »

Barthes, Le Bruissement de la langue.  

SOB tisse un lien concret entre le langage des fluides corporels et celui des lettres / des sons qui composent notre langage verbal. Quatre verres d’eau chacun à leur tour imprégnés d’un fluide (salive, larme, sang, souffle); quatre verres opaques contenant des lettres que l’on trouve dans la soupe aux lettres; après chaque effusion d’un fluide dans l’eau correspond l’ingurgitation des lettres; celles-ci sont instantanément recrachées sur des grands panneaux noirs au sol; la composition ainsi formée est lue au micro; l’opération est répétée pour les quatre verres; pendant toute la durée de cette série d’actions une bande son diffuse une logorrhée de mots anglais et français dont les sonorités se fondent les unes dans les autres créant un « tissu sonore » ininterrompu. Les mots ont été choisis pour leurs similitudes sonores et en lien avec leur « sauvagerie » corporelle et verbale. Les mots connus ou reconnus émergent pour mieux disparaître dans un son qui devient impalpable, insaisissable, alors que le verbe craché par la bouche se révèle en lettres tangibles et physiques qui ne font que reproduire le non-sens du corps. Le public est bercé par le bruissement de la langue, mais il est simultanément témoin de l’implication physique, peut-être même violente, du langage.

Prev | Next (1 of 5)

  • SOB

    ©FE

  • SOB

    ©FE

  • SOB_FieldgateGallery

    ©BH

  • SOB_FieldgateGallery

    ©BH

  • SOB_FieldgateGallery

    ©BH